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Les Petits Bourgeois

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À propos de cette édition

D’après le prospectus de La Comédie humaine de 1845, Les Petits Bourgeois devaient figurer dans les Scènes de la vie parisienne, place à laquelle nous publions ce texte aujourd’hui. Le roman, inachevé par Balzac, n’a jamais été publié ni par Furne, ni par Houssiaux : il n’existe donc pas de Furne corrigé. Il a en revanche été publié de manière posthume, sous le nom de Balzac, dans une version établie et continuée par Mme de Balzac et Charles Rabou, et longtemps reprise dans les éditions des œuvres complètes de Balzac.

Pour établir le texte de cette scène parisienne, il fallait donc revenir aux origines, à l’instar de ce qu’a réalisé Anne-Marie Meininger pour l’édition de la Pléiade, et se plonger dans les dossiers de la collection Lovenjoul, conservée à la Bibliothèque de l’Institut. Deux dossiers concernent Les Petits Bourgeois : Lov. A186, qui comprend des fragments conservés du manuscrit de Balzac et un jeu d’épreuves partielles, très fautives, numérotées de 1 à 204 ; Lov. A187, qui comprend un deuxième jeu d’épreuves partielles, numérotées de 1 à 202, collées en placard, corrigées par Balzac jusqu’au feuillet 17, et par Mme de Balzac et Rabou tout au long.

Étant donné l’état très fautif des épreuves, relues seulement partiellement par Balzac, nous avons suivi les règles suivantes : nous donnons le texte du manuscrit quand il est disponible ; à défaut, nous reprenons le texte des épreuves corrigées par Balzac, en excluant les corrections faites par d’autres mains. Il est heureux que les correcteurs posthumes des Petits Bourgeois aient adopté un système d’annotation très différent de celui auquel Balzac nous a habitué dans le Furne corrigé : quand il n’a pas été possible de reconnaître une écriture, les marques de correction ont permis de déterminer que Balzac a effectivement arrêté sa correction des épreuves très tôt. Ainsi, contrairement à ce qu’a pu affirmer Anne-Marie Meininger (Pl., t. VIII, p. 72, var. a), Balzac n’a pas du tout corrigé les premières pages du chapitre intitulé « Une femme de quarante ans » : les corrections décrites dans la Pléiade ne sont pas apportées sur épreuves, mais sur le manuscrit lui-même.

L’édition d’un manuscrit et d’épreuves peu ou pas corrigées par l’auteur nous a obligé à nous écarter du principe de la plus grande conformité possible entre notre texte et celui de la source. Nous avons souhaité présenter un texte qui soit cohérent avec l’usage du Furne. Les titres « monsieur, madame et mademoiselle » sont donc écrits en toutes lettres ; les nombres, qui sont toujours en toutes lettres dans le manuscrit, le sont également dans notre édition ; nous avons uniformisé la typographie des dialogues conformément à celui du Furne : ils commencent par un tiret, les guillemets étant réservés à des discours rapportés au sein des dialogues ou, parfois, à des pensées des personnages. L’interjection « Eh ! bien » a été harmonisée dans tout le texte (plutôt que « Eh bien ! » qu’on lit souvent sur épreuves). Le nom de La Peyrade a également été uniformisé dans tout le roman, bien que l’usage varie tant sur épreuves que dans le manuscrit (on voit aussi Lapeyrade ou la Peyrade). Il a fallu, enfin, corriger certaines lectures des épreuves et, le plus souvent, le travail d’Anne-Marie Meininger nous a été d’une grande utilité, même si nous n’avons pas toujours fait les mêmes choix qu’elle. Les mots entre crochets tentent de combler de la manière la plus neutre possible les lacunes du manuscrit ou des épreuves.

Notre édition, comme celle de tous les textes que nous publions sur eBalzac, corrige et répare certains des oublis de nos prédécesseurs : nous avons pu constater, en effet, que des mots présents dans le manuscrit avaient été oubliés dans les éditions modernes. Le travail ainsi réalisé à la Bibliothèque de l’Institut nous permet aujourd’hui de donner une nouvelle édition des Petits Bourgeois, dans l’état inachevé sous lequel cette œuvre nous est parvenue.

Maxime Perret

Thuillier, l’ami de Colleville depuis toujours, a eu une fille avec Flavie Colleville. La sœur de Thuillier amasse depuis des années une fortune qui doit un jour échoir à sa nièce, Modeste, laquelle devient l’objet de l’attention de leurs amis, les Phellion et les Minard, qui ont chacun un fils à marier. Dutocq, Cérizet et La Peyrade tentent un complot destiné à obtenir la main, la dot et l’héritage de Modeste.

Bibliographie sélective

  • Anne-Marie Meininger, « Les Petits Bourgeois. Genèse et abandon », L’Année balzacienne, 1969, p. 211-230.

Crédits

Furne corrigé

  • Éditeur : Maxime Perret
  • Établissement du texte et stylage TEI : Maxime Perret
  • Édition XML-TEI : Amélie Canu
  • Informatique éditoriale : Frédéric Glorieux
  • Traitement des images : Claire Carpentier